Technique

Manifeste: Non la photographie argentique n’est pas morte!

“Voit-on les pixels lors de vos agrandissements?”, “Vous travaillez avec Photoshop?”

Devant ce genre de questions je ne peux que répondre par cette page à tous ceux qui aiment mon travail, mais aussi aux collectionneurs qui me font confiance face au flou actuel de la photographie. Un flou de numérique, non, mon procédé ne fait pas appel à une quelconque technique informatique, mais à la main de l’homme.

Mon travail s’oriente vers un métier d’artisan qui découle de techniques anciennes. Tout d’abord je réalise ma prise de vue à l’aide d’un boitier argentique, les images sont donc obtenues à partir de films développés par mes soins en bain perdu à l’aide de cuves de développement.

Ensuite le laboratoire avec lequel je travaille uniquement, Diamantino Labo Photo réalise des planches contacts. Ce laboratoire tenu par Diamantino Quintas est un laboratoire traditionnel argentique spécialisé dans les grands formats couleur et noir & blanc. Depuis 2007 Diamantino Quintas est mon tireur attitré, n’ayant plus le temps de réaliser mes tirages moi même à ce jour c’est donc lui qui est en charge de ceux-ci sous ma direction.

Après le choix de la vue à réaliser  nous passons à l’étape du tirage, réalisé à l’agrandisseur, une projection de l’image sur un papier à émulsion argentique développé ensuite dans des bains manuellement.

Nous utilisons le papier baryté 5k  Ilford, une fois ce papier exposé, développé, fixé, puis lavé, nous passons à l’étape du séchage en bords tendus pour une parfaite harmonisation de la fibre, une esthétique des plus raffinée de l’image à venir. Le séchage reste une étape périlleuse par les tensions du papier, qui parfois cède et ce déchire! Un séchage de 48h minimum.

Une fois le séchage terminé, le tirage est détaché dans un geste chirurgical pour éviter à celui-ci de ce déchirer, ensuite, nous contre-collons l’image sur du dibon pour une tenue et un maintien parfait avant mon étape de plasticien.

En effet je n’utilise pas Photoshop, je peins sur mes tirages à l’aide de pinceaux, d’un aérographe ou de mes doigts. Les matières utilisées vont de l’encre, à l’aquarelle, l’acrylique… Puis pour une conservation maximale je protège mon travail par du vernis.

De ce fait chaque pièce est unique, nous sommes donc face à un travail d’artisan, un travail qui prend plusieurs semaines sans compter en amont la réalisation de la prise de vues, la création de décor…

La photographie argentique n’est pas morte, elle est en pleine vie, et le restera pour les amateurs d’art, les collectionneurs, les artistes et les artisans de ce merveilleux médium. Au même titre que la peinture qui a traversé nos siècles d’histoires.

Un remerciement tout particulier à Diamantino, un ami, pour l’excellence de son travail et son soutien depuis notre rencontre. www.diamantinolabophoto.com

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